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Gita Rani Kanu arrêtée et placée en détention à la suite d'une manifestation en faveur des droits des travailleurs du thé

Statut: 
Detained
À propos de la situation

Le 2 septembre 2026, la défenseuse des droits humains Gita Rani Kanu a été arrêtée par des policiers en civil à Moulvibazar, après avoir été désignée comme principale suspecte dans le cadre d’une plainte pénale déposée par le Syndicat des travailleurs du thé du Bangladesh. Elle a été mise en examen, puis transférée à la prison du district de Moulvibazar, où elle est toujours détenue.

À propos de Gita Rani Kanu

Gita Rani Kanu est une défenseuse des droits humains qui vit dans la région de Sylhet, au Bangladesh, réputée pour ses plantations de thé. Elle œuvre pour la défense des droits des travailleurs du thé et s'implique depuis des années dans la mobilisation visant à faire valoir leurs revendications en matière de droits à la terre, d'augmentation des salaires journaliers et de démocratie syndicale. Elle est coordinatrice du Bangladesh Tea Worker Women's Forum, secrétaire générale du Cha Sramik Moha Sangram Committee (Comité de la grande lutte des travailleurs du thé) et secrétaire membre du Cha Sramik Adhikar Andolon (Mouvement pour les droits des travailleurs du thé).

En 2024, elle s'est présentée comme seule candidate féminine au poste de présidente du Conseil gouvernemental de l'Upazila de Kamalganj, dans la division de Sylhet. Elle a été la première candidate issue de la communauté des travailleurs du thé à se présenter à un tel poste lors d'une élection municipale.

11 Septembre 2026
Gita Rani Kanu arrêtée et placée en détention à la suite d'une manifestation en faveur des droits des travailleurs du thé

Le 2 septembre 2026, la défenseuse des droits humains Gita Rani Kanu a été arrêtée par des policiers en civil à Moulvibazar, après avoir été désignée comme principale suspecte dans le cadre d’une plainte pénale déposée par le Syndicat des travailleurs du thé du Bangladesh. Elle a été mise en examen, puis transférée à la prison du district de Moulvibazar, où elle est toujours détenue.

 

Gita Rani Kanu est une défenseuse des droits humains qui vit dans la région de Sylhet, au Bangladesh, réputée pour ses plantations de thé. Elle œuvre pour la défense des droits des travailleurs du thé et s'implique depuis des années dans la mobilisation visant à faire valoir leurs revendications en matière de droits à la terre, d'augmentation des salaires journaliers et de démocratie syndicale. Elle est coordinatrice du Bangladesh Tea Worker Women's Forum, secrétaire générale du Cha Sramik Moha Sangram Committee (Comité de la grande lutte des travailleurs du thé) et secrétaire membre du Cha Sramik Adhikar Andolon (Mouvement pour les droits des travailleurs du thé).

Le 2 septembre 2026, Gita Rani Kanu a été arrêtée par des policiers en civil et traduite devant le tribunal du district de Moulvibazar, après avoir été mise en examen et désignée comme principale suspecte dans le cadre d'une plainte pénale déposée à la suite d'un incident survenu le 31 août 2026. Le tribunal a ensuite autorisé sa détention à la prison du district de Moulvibazar. Quatre autres personnes identifiées et jusqu'à sept personnes non identifiées sont impliquées dans cette affaire. La plainte a été déposée par le secrétaire général du Comité central de la Bangladesh Tea Workers' Union (syndicat des travailleurs du thé).

Gita Rani Kanu est accusée de rassemblement illégal, de coups et blessures, de vol, de dégradation de biens, d'intimidation criminelle et de complicité, en vertu des articles 143, 323, 379, 427, 506 et 114 du Code pénal du Bangladesh. Selon la plainte, le 31 août 2026, la défenseuse des droits humains Gita Rani Kanu et d'autres personnes ont fait irruption dans les locaux de la Bangladesh Tea Workers' Union, situés dans le quartier de Labour House, ont agressé le secrétaire général, ont volé de l'argent liquide dans les locaux et ont saccagé le mobilier. D’après les informations reçues, au moment des faits présumés, Gita Rani Kanu et d’autres manifestants étaient soignés à l’hôpital pour des blessures subies à la suite d’une agression survenue le 31 août 2026 alors qu’ils participaient à une manifestation en faveur des droits des travailleurs.

Le 31 août 2026, un groupe de travailleurs du secteur du thé, mené par Gita Rani Kanu, a formé une chaîne humaine à Chowmuhona, à Sreemangal, dans le district de Moulvibazar. Ils ont ensuite mené un rassemblement en direction du quartier de la Maison du Travail, dans le cadre d'une campagne qui vise notamment à obtenir un salaire journalier de 500 TK (environ 3,50 euros), entre autres revendications. Les manifestants affirment avoir obtenu l'autorisation des autorités locales. Alors que le cortège passait devant les locaux du Syndicat des travailleurs du thé, il semblerait que leur banderole ait été déchirée et que le groupe ait été agressé par des membres et des leaders de ce syndicat. Entre 10 et 12 manifestants auraient été blessés. Gita Rani Kanu et deux autres manifestants ont reçu des soins médicaux à l'hôpital de Moulvibazar Sadar. Ils n'ont donc pas pu déposer leur propre plainte concernant cette agression avant que la contre-plainte pénale ne soit déposée par le Syndicat des travailleurs du thé. Selon certaines informations, la police n'aurait pas coopéré pour se saisir de leur affaire.

Front Line Defenders estime que les poursuites pénales engagées contre Gita Rani Kanu sont directement liées à son action légitime et pacifique en faveur des droits des travailleurs du thé au Bangladesh. Front Line Defenders appelle les autorités du Bangladesh à garantir sa libération immédiate et inconditionnelle, à veiller au respect des garanties procédurales dans le cadre de la plainte pénale déposée à son encontre et à mettre fin à toute forme de harcèlement et d'intimidation à son égard.

Front Line Defenders appelle les autorités du Bangladesh à :

  1. Libérer immédiatement et sans condition la défenseuse des droits humains Gita Rani Kanu, abandonner les poursuites à son encontre et veiller à ce que toute procédure judiciaire intentée contre elle respecte les normes internationales en matière de procédures régulières ;
  2. Mettre fin à toutes les formes de harcèlement et d’intimidation à l’encontre de Gita Rani Kuna et des autres défenseur·ses des droits des travailleurs du thé, et prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir son intégrité physique et psychologique ainsi que sa sécurité pendant sa détention ;
  3. Mener une enquête rapide, indépendante et efficace sur l'attaque perpétrée contre les travailleurs du thé qui manifestaient le 31 août 2026, et traduire en justice les responsables ;
  4. Garantir qu’en toutes circonstances, tous les défenseur·ses des droits humains au Bangladesh, en particulier celles et ceux qui œuvrent en faveur des droits du travail et des travailleurs du thé, puissent mener leurs activités légitimes de défense des droits humains sans crainte de représailles et sans aucune restriction.